Tu as reconstitué son nom de famille. Ajoute son prénom, Gisèle… et découvre le portrait complet de cette femme d'exception.
Gisèle Halimi
Née Zeiza Gisèle Élise Taïeb · 27 juillet 1927, La Goulette (Tunisie) — 28 juillet 2020, Paris · Avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne
Issue d'une famille juive modeste de La Goulette, en Tunisie, elle grandit dans un foyer où la naissance d'une fille est vécue comme une déception — son père attend trois semaines avant de l'annoncer. À 10 ans, elle sait déjà qu'elle veut devenir avocate. Elle obtient sa licence de droit et deux certificats de philosophie à la Sorbonne, tout en étudiant à Sciences Po Paris.
⚖️ Une avocate au service des causes impopulaires
Elle s'installe comme avocate en 1949. Dès les années 1950, elle défend des militants indépendantistes tunisiens puis algériens du FLN, alors que la France est en guerre en Algérie — une position qui lui vaut menaces et hostilité. En 1960, elle prend en charge la défense de Djamila Boupacha, une militante accusée d'attentat, torturée et violée en détention par des soldats français. Avec Simone de Beauvoir, elle médiatise l'affaire pour révéler publiquement les pratiques de torture de l'armée française.
✊ La bataille pour le droit à l'avortement
En 1971, elle est la seule avocate signataire du Manifeste des 343. Elle fonde dans la foulée, avec Simone de Beauvoir et Jean Rostand, le mouvement « Choisir la cause des femmes ». En 1972, elle défend Marie-Claire Chevalier, une adolescente jugée pour avortement après un viol, lors du retentissant procès de Bobigny : la relaxe obtenue accélère l'adoption de la loi Veil en 1975.
🏛️ De la robe d'avocate aux bancs de l'Assemblée
En 1978, un nouveau procès à Aix-en-Provence, sur un viol collectif, contribue à faire évoluer la loi : le viol est requalifié en crime en 1980. Élue députée de l'Isère de 1981 à 1984, elle fait adopter un amendement instaurant des quotas de femmes aux élections municipales — invalidé ensuite par le Conseil constitutionnel. En 1985-1986, elle est nommée ambassadrice de la France auprès de l'UNESCO.
📚 Jusqu'au dernier souffle
Cofondatrice de l'association altermondialiste ATTAC en 1998, elle continue de porter la cause des femmes à l'échelle européenne dans les années 2000. Peu avant sa mort en 2020, elle publie avec la journaliste Annick Cojean un livre-testament, Une farouche liberté, adapté au théâtre en 2022 avec Ariane Ascaride dans le rôle-titre.
« Votre indépendance économique est la clé de votre libération. Ne vous résignez jamais. »
🗓️ Repères chronologiques
- 1927 Naissance à La Goulette, en Tunisie
- 1949 Elle devient avocate
- 1960 Défense de Djamila Boupacha
- 1971 Manifeste des 343 · fondation de « Choisir »
- 1972 Procès de Bobigny
- 1978-80 Procès d'Aix-en-Provence · loi sur le viol
- 1981-84 Députée de l'Isère
- 1985-86 Ambassadrice à l'UNESCO
- 1998 Cofondatrice d'ATTAC
- 2020 Mort à Paris · publication d'« Une farouche liberté »
- 2022 Hommage national aux Invalides
⚖️ Avocate
✊ Féministe
🏛️ Députée
🌍 Ambassadrice UNESCO
📚 Autrice
📌 Depuis sa mort en 2020, plusieurs pétitions et personnalités réclament son entrée au Panthéon (plus de 35 000 signatures récoltées). En 2025, la question restait toujours en suspens.
🔗 Pour aller plus loin